Château de Bourdeau

Histoire du château

Une longue histoire

Le château en 1816 par Prosper Dunant (1790 - 1878)
Le château en 1816 par Prosper Dunant (1790 – 1878)

Le château fut bâti au XIème siècle sur les ruines d’un castrum romain. Selon l’écrivain Albanis de Beaumont, il est l’un des plus anciens de Savoie. Propriété de la famille de Seyssel dès 1263, il est légué aux Jésuites de Chambéry en 1671 qui le cèdent rapidement à Claude Antoine Sallier de la Tour de Cordon, premier président de la Chambre des comptes. Ses descendants le conservent jusqu’à la Révolution. Endommagé, il fut vendu comme bien national.

Après des premiers travaux menés par l’avocat chambérien Antoine Métral en 1810, le château doit sa restauration définitive à Joseph Giraud et Pellegrini architecte des Thermes, du Casino Grand Cercle et de plusieurs hôtels d’Aix-les-Bains dans les années 1850 et 1860. Il est acquis dans les années 1870 par la famille Gigot de Villefaigne, famille émigrée en Russie dont plusieurs représentants furent joailliers des Tsars.

Ce château est connu dans la littérature : Montaigne y signale une fabrique d’armes à son retour d’Italie au XVIe siècle. Honoré de Balzac a aussi séjourné à Aix-les-Bains et a donné une description romantique et précise du lac du Bourget dans son roman La peau de chagrin en 1831 tandis que George Sand le choisit pour cadre de son roman Mademoiselle la Quintinie et le rebaptise Turdy en 1861. À la fin du XIXe siècle, la Reine Victoria rend plusieurs fois visite aux propriétaires. Elle écrit dans son journal intime : « Des terrasses du château, la vue est superbe. Nous sommes descendus par un vieil escalier jusqu’à un jardin en terrasse. Le lac était si beau et si calme et le reflet des montagnes intenses donnait presque l’impression qu’elles se prolongeaient dans l’eau. »

L’empreinte de Lamartine

Alphonse de Lamartine est le personnage historique qui imprima de son talent et de son destin toute la région du lac en lui conférant son statut incontesté de capitale du Romantisme français.

En 1816, séjournant alors à Aix-les-Bains, le poète y rencontre Julie Charles. La plage de Bourdeau et la grotte naturelle qui la surplombe sont des lieux propices à leur idylle, jusqu’à la mort de Julie, en décembre 1817. Le poète est profondément marqué par cette perte tragique qui lui inspire, en partie, le recueil Méditations poétiques (1820). S’inspirant de la sensibilité naturelle dégagée par le lac et ses alentours, il signe également ses plus beaux poèmes (notamment Le Lac en 1820) ou encore son roman Raphaël (1849).

L’un des lieux où il aimait flaner était cette grotte à Bourdeau. En direction de la crique et du petit port, prenez le petit sentier avec des escaliers. Ce chemin vous mène à une petite plage de galets, où se trouve la grotte. Lamartine laissait errer son regard et voguer son imagination vers les flots du lac du Bourget.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence,
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

“Le Lac” Alphonse de Lamartine

2016 : L’année du renouveau

Dans un monde de plus en plus dur, ce château a été revisité comme un havre de paix, un refuge pour les corps et les âmes. Compte tenu de sa situation, il baigne dans le pays du romantisme, aidant ainsi le visiteur à retrouver à un sens à sa vie. Chacune des sept chambres a été pensée comme une invitation au voyage. Elles sont toutes conçues, meublées et aménagées pour raconter une histoire.

Le château est ouvert également au monde de l’entreprise (séminaires, conférences…) et sert aussi d’espace culturel (expositions). Dans la bibliothèque figurent 47 photos de nos plus grandes comédiennes et comédiens, installés dans leur loge et attendant de passer sur scène, avec leur définition personnelle de : « c’est quoi une loge de théâtre pour vous ? ».

Une terrasse plein sud, ouverte sur le lac et les massifs environnants, vous attend pour la contemplation du paysage, la lecture ou la méditation. Elle accueillera également les petits-déjeuners et déjeuners.

Une cave est prévue pour vous initier ou vous faire déguster de merveilleux vins, principalement de l’arc alpin. Au milieu de la cave trône une imposante cheminée qui permet de vous faire profiter d’une cuisine plus rustique, plus simple, en adéquation avec la dégustation des nectars. L’atmosphère du château à l’ancienne se retrouve aussi dans la cheminée à bois qui communique de part et d’autre des salles du restaurant et du petit-déjeuner.

Enfin, des journées et séjours thématiques sont prévus à partir du château : techniques sur le lac, découverte de la faune et de la flore, avant-première de films, cours de cuisine, défilé de mode, cours de naturothérapie et de bien-être (relaxation, méditation), visite du vignoble… Autant d’activités chargées de sens et créant des conditions adéquates pour un retour aux choses essentielles de la vie.